Des mots sur les maux
Un excellent article sur ce blog, sur l’Indonésie et l’écologie déclarative
http://warungkopi.blog.lemonde.fr/2009/04/26/lenvironnement-grand-oublie-des-campagnes-electorales/
nous rappelle que le mal du mot est globalement bien réparti sur la planète. Ce mal là, loin des grippes porcine et aviaire, est peut-être le mal du siècle. Il repose sur cette certitude que l’incantation fait l’essentiel. Réchauffement climatique, crise de la biodiversité ou encore gestion de l’eau puisent leur solution dans quelques phrases doctement lancées devant un parterre avide du partage de ces bons mots.
Chacun redouble d’intensité dans ce travail sémantique. Richard Branson, le très médiatique patron d’une compagnie aérienne, d’une écurie de formule 1 et autres activités écologiques nous parle de son chemin de Damas personnel. C’est dans Next, la version people de Libération, et là, force est de constater qu’avec de tels renforts, nous pouvons prendre notre retraite, la relève est là !
http://next.liberation.fr/search/node/branson
La crise financière poursuit son petit bonhomme de chemin en renversant toutes les idoles d’hier. GM aux abois, Microsoft en perte ! Tout fout le camp ! Il était temps de relancer la machine sur de bonnes bases. Certains crurent même venu le temps de l’éco-économie, pour reprendre le titre du livre de Lester Brown. L’an 1 pour Edgar Morin. Cette demande pressante et argumentée que vous retrouvez aussi dans le dernier ouvrage de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean devrait donc se retrouver dans tous les plans de relance aujourd’hui proposés. Il est évident qu’en 2009 toute proposition économique est passée au crible écologique afin de s’assurer d’une parfaite synergie entre ces deux termes si longtemps opposés.
Je vous laisse le loisir de saisir par vous-même toute la portée de cette révolution en regardant ce qui nous est servi en guise de relance. Mais ne manquez surtout pas le prochain grand discours sur l’avenir de la planète. Dans l’ère de la com, n’est-ce pas le message qui importe ? Ou comment avoir fait d’un slogan une règle : « Assez d’actes, des mots ».


