…la lune, l’idiot et le doigt

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Le film Home n’est qu’une version magnifiée de la tragédie environnementale. Et croire que la diffusion de ce film a été le facteur déclencheur de la prise de conscience écologique relève du mépris et de la bêtise : mépris des citoyennes et citoyens, bêtise d’une partie de la classe politique en retard sur ces questions.

 

Home ne fait que rappeler la réalité des choses, connue depuis très longtemps. Souvenez-vous que le rapport Bruntland, remis à l’ONU et proclamant l’urgence écologique et la nécessité d’œuvrer pour « un développement durable » date de 1987. Soit 22 ans !

 

Il semble plutôt que les électeurs qui ont voté pour la liste écologiste sont ceux qui ont compris l’immensité des enjeux et se sont donc mobilisés. Les autres ont préféré rester chez eux, sachant le peu de cas qui est fait de leur vote sur une élection européenne. Cela pourrait s’appeler la réminiscence du « non » au référendum… transformé en « oui » par la volonté du Prince.

 

Il faut surtout noter que les partis qui ont fait un carton, relatif face à cette abstention massive, sont ceux qui avaient un projet de société à proposer. Vision conservatrice de l’UMP, vision novatrice d’Europe Ecologie. Les autres ont construit un discours abscons et nébuleux, cherchant à faire d’une élection européenne tout autre chose que ce qu’elle est. Enjeu de pouvoir au PS, tour de chauffe présidentiel au Modem, préemption du titre d’opposant officiel pour tout le monde.

 

Alors bonne nouvelle : ce vote-là était un vote profondément politique, opposant deux visions du monde, deux projets de société. L’Europe nous a donné ce qui nous manquait depuis 1989 et la chute du Mur : une confrontation d’idées, de la politique au sens le plus noble du terme.

 

Et au fait, Home ? Yann Arthus-Bertrand égal à lui-même dans cette capacité d’émouvoir par le beau, la beauté du monde. Il y a un côté enchanteur/enfant dans ce travail. Une douce naïveté. Ne le prenez pas mal. Je vous parle de cette capacité à s’émerveiller à tout âge, loin des codes du blasé permanent qui semble vouloir régir notre rapport au monde. J’entends déjà celles et ceux qui me diront : trop facile, il joue sur la corde sensible. Oui, et tant mieux. N’est-ce pas ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui ? Et ce film, par son succès, en est la preuve.

 

Décidément cette semaine a été pleine de bonnes nouvelles. 

 

 

http://www.home-2009.com/fr/

 




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