Le sac plastique, emblème de notre société jetable, traîne au gré des vents un peu partout dans le monde. Quelques chiffres pour illustrer le sac plastique : fabriqué en quelques secondes, utilisé en moyenne pendant 20 minutes et perdu dans la nature, il lui faut 400 ans environ pour se dégrader. Dans le monde, ce sont environ 170 milliards de sacs plastiques qui ont utilisés en 2005, en France 18 milliards l’ont été la même année (280 sacs/personne/an). Plusieurs centaines de millions de ces sacs trainent sur le littoral français et ce sont autant d’euros dépensés chaque années pour les éliminer. Il est difficile de mesurer la pollution des sols et des eaux causée par les sacs plastiques, on estime tout de même à 1 million le nombre d’oiseaux et à 100 000 le nombre de mammifères marins morts étouffés ou étranglés par les sacs plastiques chaque année.
Il est donc question d’interdire l’usage de sacs plastiques aux caisses supermarchés et des magasins. Certains pays, comme l’Irlande ou Taïwan, appliquent déjà ce principe. En France, l’interdiction est prévue pour 2010, date à laquelle tous les sacs plastiques non biodégradables devront être interdits.
Les sacs plastiques sont majoritairement en polyéthylène, donc fabriqués à partir de pétrole. Cette matière offre des propriétés particulièrement intéressantes, aujourd’hui un sac plastique ne pèse plus que 5 g environ et peut porter jusque 10 kilos. Conscientes des problématiques environnementales liées à l’usage des sacs plastiques, plusieurs entreprises ont pris la voie du changement. Des recherches ont été entreprises et nous avons vus arriver des sacs en amidon de maïs ou de pomme de terre, des sacs à base de polyéthylène mais tout de même 100 % recyclable, 100 % biodégradable et 100 % compostable.
Les impacts environnementaux des sacs plastiques sont toujours discutés. Il est toujours difficile de savoir lequel choisir. Des idées reçues ont la vie longue, on pourrait croire que le sac en papier est mieux que le sac en polyéthylène, et bien ce n’est pas vraiment le cas. Il faut lire de plus près l’analyse du cycle de vie des sacs Carrefour réalisée par Price WaterHouse Coopers, ici. On y apprend que « par rapport au sac PE jetable, le sac papier est meilleur pour le risque d’abandon, équivalent pour la consommation d’énergie et la formation d’oxydant photochimique et plus mauvais d’au moins 80 % sur les 5 autres indicateurs étudiés, notamment il consomme 3 fois plus d’eau, émet 80 à 90 % de gaz ) effet de serre en de gaz acides en plus. Et pour le sac biodégradable, il est meilleur que le sac PE jetable poru le risque d’abandon et la formation d’oxydant photochimique, équivalent pour trois indicateurs et plus mauvais pour l’émission de gaz à effet de serre, l’acidification atmosphérique (de 40 à 60 % d’impact en plus) et l’eutrophisation où il est 11 fois pire… »
Voilà une dernière innovation dans le secteur, le 60 BAG, un sac conçu à partir de fibres de lin mélangées à des fibres issues de déchets industriels. Ces sacs, fabriqués en Pologne, se dégradent en 60 jours, d’où leur appellation. L’initiative a été récompensée par le Green Dot Awards.
Ecobilan Price WaterHouse Coopers
60 BAG
Green Dot Awards