Archive pour la catégorie 'Débats'

Copenhague, troisième humanité

Lundi, décembre 7th, 2009

Après avoir lu sur un post de Libération cette phrase: « Vous faites partie de l’église de climatologie, la nouvelle secte, la nouvelle religion bien pensante du climat ? »

Religion. Ce mot vient-il de religere (relire, revoir avec soin, rassembler) ou de « religare » (relier)? Peut-être que ces menaces que nous nous sommes posées sont l’ébauche d’une religion du réel où nous relisons avec soin les analyses et les faits scientifiques.

Elle nous rassemble dans une unité humaine découverte face à la menace de sa disparition. Elle nous relie dans cette prise de conscience d’une seule planète viable, limitée, à partager en intégrant les interdépendances qui nous relient au vivant.

Copenhague, ce n’est pas trouver un terrain d’entente pour pouvoir continuer comme avant. Ce n’est pas une conférence qui finirait en partage du butin Terre, comme pourrait le faire une assemblée de mafieux des territoires du Nord troublés par l’arrivée d’une nouvelle bande du Sud, à laquelle il faudrait donner un peu de matière pour conserver la paix.

Copenhague c’est avant tout le début d’une nouvelle humanité qui apprendrait à échanger, donner, partager mais aussi à vivre avec sa planète. Une religion du réel, un lien nouveau, un nouveau matérialisme dialectique par le retour de la matière dans notre pensée. Cette matière que nous avons cru pouvoir plier et piller sans limite, cette matière qui est aussi l’air, l’eau…

Nous avons manqué de réalisme. Longtemps nous avons cru. Nous avions nos superstitions et nos fois inébranlables. Nous avons confondu croissance et progrès, bonheur et confort, matière et objet. Nous ne voyons pas l’évident, cette matière et cette énergie que nous épuisons pour  fabriquer ces objets de confort qui font la croissance. Energie grise, épuisement des ressources, rejets polluants ne sont pas inscrits sur le paquet ? Alors ils n’existent pas pour nous.

Peut-être assistons-nous aux derniers soubresauts d’une humanité incapable de faire preuve d’esprit. Peut-être que ces égoïsmes cumulés ne donneront qu’un plat de mots qui ne résolvent en rien les maux à venir. Mais peut-être aussi, à Copenhague et dans le monde, nous tissons un nouveau lien, une nouvelle façon de nous relier. Peut-être que de cette menace enfin comprise naîtra une nouvelle humanité.

Il y a 10 000 ans, un changement climatique nous fit sortir de nos cavernes et passer de millions d’années de chasse et de cueillette à une nouvelle ère. La Terre devenait féconde, nul besoin de fuir en permanence ou de poursuivre sa pitance. De ce changement climatique naquit notre humanité avec ses champs, ses villes, ses échanges. Saurons-nous inventer cette troisième humanité face à ce nouveau bouleversement climatique que, cette fois, nous avons créé ? Ou retournerons-nous dans la caverne, à regarder nos cultes anciens et vénérer ces objets désormais inutiles comme autant d’idoles d’un âge d’or révolu ?

Erika, le procès en appel

Mardi, novembre 10th, 2009

erikaLundi 9 novembre se tenait à la 1ère Chambre d’Appel de Paris, le procès en appel de l’Erika. En effet Total poursuit son combat judiciaire pour ne pas être reconnue coupable dans cette affaire.

La compagnie pétrolière, condamnée à 192 millions d’Euros, souhaite obtenir son blanchiment dans cette affaire affirmant avoir été trompée par l’armateur et la compagnie de certification Rina. Il est à noter que Total a néanmoins accepté de verser 170 millions aux parties civiles en dédommagement d’un préjudice dont elle ne s’estime pas coupable. Cette mesure prise par la compagnie pétrolière a permis à une partie des plaignants de percevoir un chèque alors que l’appel par Total était suspensif, prolongeant d’autant l’attente…10 ans après le naufrage.

Conséquence de cette générosité, certaines parties civiles ne se sont pas présentées en appel bien que Total ait signifié que ces sommes étaient données unilatéralement, sans retour possible et ce quel que soit le jugement en appel. Générosité? Campagne de communication de 170 millions d’Euros? Ou achat du silence? La question restera sans réponse bien longtemps.

Mais revenons au procès. La longue plaidoirie de Corinne Lepage a porté sur la responsabilité de Total dans la catastrophe. L’avocate récuse la posture de victime que défendent les avocats de l’entreprise. Dans sa plaidoirie, elle désigne Total comme organisateur de ce naufrage en s’appuyant sur certains éléments du dossier. En une heure, elle a évoqué la responsabilité directe de la compagnie, sa capacité à accepter ou non un pétrolier, sa charte de bonne conduite qualifiée de « publicité mensongère ». Mais plus grave encore, elle a abordé les questions les plus obscures du dossier. Pourquoi ce pétrolier affrété au voyage et non à la durée par Total, en était-il déjà à son quatrième voyage pour la compagnie alors que le nombre même de voyages consécutifs définissait, par nature, un contrat au temps? Pourquoi ne pouvait-il pas, matériellement, rejoindre sa destination: l’Erika n’avait pas en soute la quantité de carburant nécessaire à son départ de Dunkerque et il n’était pas prévu d’arrêt à Gibraltar pour remplir les soutes. Quant à l’hypothèse d’utiliser une partie de la cargaison comme carburant, elle est peu recevable: c’est une pratique rarissime en mer et si cela avait été le cas, le navire eut brûlé, pour avancer, un déchet… Car, et c’est aussi un point soulevé par l’avocate, pourquoi ce fuel, qualifié de déchet par la Cour de Justice Européenne, devait-il être brûlé en Italie (Membre de l’Union européenne…comme notre pays) alors même que cette pratique est interdite en France?

Nous arrivons alors au point crucial de sa plaidoirie. Non seulement Total est responsable du choix de l’Erika mais ce choix n’aurait pas été fait par simple volonté d’économie. L’Erika transportait un déchet ingérable, nécessitant un traitement coûteux qu’un naufrage rendait inutile. Cette mise en cause de Total va bien au-delà de ce qui a été dit aujourd’hui sur le naufrage du navire-poubelle! Nous passons du domaine de l’accident maritime qui ferait suite à une somme de négligences consécutives à une vue purement financière de l’opération, à un acte criminel délibéré! La Cour d’Appel suivra-t-elle l’avocate? Total a-t-elle « organisé » le naufrage de l’Erika? Nous naviguons dès lors dans un monde connu depuis peu, la gestion des déchets par la mafia. En effet, un cimetière de bateaux-poubelles ne vient-il pas d’être exhumé en Italie? Est-ce le monde de Total?

Viennent ensuite les plaidoiries de Christian Huglo et d’Alexandre Moustardier. Christian Huglo saisit l’occasion de ce procès pour ouvrir une nouvelle page du droit de l’environnement. Par delà le dommage, il interpelle la Cour sur la notion même de préjudice. S’appuyant sur les travaux récents qui ont porté sur la reconnaissance de la valeur du vivant non-commercial. Sous cette appellation, nous retrouvons la question du prix de la Nature et de ses services rendus. En effet, depuis quelques temps maintenant, des scientifiques ont décidé de chiffrer ce que nous donne gracieusement notre éco-système. Cette thèse qui avait amené Sir Nicholas Stern à chiffrer le prix de l’inaction face au changement climatique a eu des suites comme le rapport Pavan Sukhdev portant sur le vivant.

Christian Huglo ne défend donc pas un droit sur l’Environnement qui s’ajouterait au droit existant. Ni un droit de l’Environnement mais un droit à l’Environnement, c’est-à-dire un droit universel de défense d’un patrimoine commun à l’Humanité. Thèse audacieuse en droit, puisqu’aujourd’hui le préjudice ne peut être retenu que si la victime est identifiable. Or cette plaidoirie introduit un élargissement du Droit. Par cette voie, le crime environnemental devient crime général. Il rejoint la notion de crime contre l’Humanité, voir l’intègre et le dépasse (l’Humanité est partie de l’Environnement). Et en s’appuyant sur ces chiffres nouveaux sur le prix de la Nature, l’avocat fixe un montant de préjudice bien plus important pour Total. Oui mais qui recevra cette somme? Les parties civiles qui se sont engagées dans cette longue procédure contre Total peuvent, selon l’avocat, recevoir le montant de l’indemnité en tant que représentant de la partie civile « Environnement ».

Là encore, si cette plaidoirie est suivie, nous allons bien au-delà de ce que ce procès nous réservait. Demain le pollueur condamné le sera pour le dommage immédiat mais aussi pour le préjudice à venir. Qu’en serait-il alors pour un accident nucléaire et le rejet dans la nature de produits radioactifs à durée de vie longue? Le préjudice fait aux générations futures et sur l’environnement pour des milliers d’années rendrait l’activité de producteur d’énergie ingérable. Le coût de l’accident ne pouvant être couvert par le bénéfice de l’activité.

Ce procès en appel de l’Erika est passionnant. Il soulève des questions que l’approche des média ne peut plus traiter: trop complexe, trop long. Pourtant les questions du monde ne relèvent pas d’un jugement lapidaire rendu en un instant et pouvant tenir en 1500 signes ou 30 secondes sur un écran. Il est regrettable que ce procès en appel qui aborde des sujets de fond ne fasse pas plus « bruit médiatique ». Espérant seulement que le résultat du procès aura droit à un traitement plus large que le vide dans lequel il est tenu aujourd’hui.

Sur le naufrage

http://www.letelegramme.com/ig/dossiers/proces_erika/l-ultime-voyage-de-l-erika-video-06-10-2009-596620.php

Sur le procès

http://www.letelegramme.com/ig/dossiers/proces_erika/erika-le-prejudice-ecologique-au-coeur-du-proces-en-appel-diapo-video-06-10-2009-595355.php

Sur le contenu des soutes

http://www.proces-erika.org/articles/article/article/erika-qui-etait-le-maitre-a-bord/index.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=4941&cHash=181c5ff013

Sur le cimetière de bateaux-poubelles de la mafia

http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/5a11dd2a-a949-11de-b3d5-32b4d9c36b5d/La_mafia_accusée_davoir_coulé_des_bateaux_de_déchets_toxiques

Le rapport Stern

http://www.hm-treasury.gov.uk/stern_review_report.htm

http://www.automatesintelligents.com/echanges/2006/nov/rapportstern.html

Le prix de la nature

http://www.grainesdechangement.com/newsletteravril09.htm

http://www.lapartderisque.fr/Et-si-l-on-mettait-un-prix-a-la.html

http://ec.europa.eu/environment/nature/biodiversity/economics/pdf/teeb_report_fr.pdf

D’un Mur aux autres

Lundi, novembre 9th, 2009
BERLIN< CHUTE DU MUR DE BERLIN

Berlin, 9 novembre 1989

Berlin, 1989. La balafre immonde qui séparait la ville tombe. La Liberté reprend ses droits et n’entend-on pas, ici et là, de brillants intellectuels clamés la fin de l’Histoire. Ce petit pan de mur ouvrait la voie à une démocratie partagée, l’émergence universelle des droits de l’Homme portés par le moteur formidable de l’esprit d’entreprise.

20 ans plus tard, le bilan semble bien plus mitigé. L’Histoire s’est chargée de revenir au devant de la scène et l’illusion n’est plus. Nous avons certes abattu un mur, entre Est et Ouest, fin d’un conflit de 44 ans, la Guerre Froide. L’Allemagne est sortie de son purgatoire moral où elle avait été plongé après le drame de la Seconde Guerre Mondiale, du Nazisme et de l’Holocauste. Durant ces 44 années de tension permanente et de peur d’un cataclysme nucléaire, nous avons soutenu des dictateurs dans les deux camps, ces despotes qui étaient, parait-il, à l’avant garde du monde libre, celui de l’Est et celui de l’Ouest. Le mur tombé, une aube nouvelle ne pouvait que voir le jour.  Mais les naïfs ou les cyniques de 1989 ne peuvent que revoir leur jugements. L’Histoire du 21ème siècle est une histoire de murs que nous dressons bien plus que celle de ceux que nous avons abattu.

Frontière de l'Europe à Ceuta

Frontière à Melilla

Le 21ème siècle commence avec ces millions de réfugiés climatiques que nous avons créé en développant sans cesse cette hyper-consommation que nous vantions tant aux habitants de Berlin-Est. 20 millions l’années dernières selon le HCR, ils seront entre 150 millions et 200 millions d’ici 2050. Ils viennent à nous pour fuir les dégâts que nous avons provoqués et séduit par cette image de bien-vivre et d’opulence que nous leur envoyons par images satellites. Mais il n’existe à ce jour aucun statut les concernant. Notre seule réaction fut la peur en dressant des murs et en externalisant nos frontières par des partenariats avec le Maroc, la Tunisie ou la si démocratique Libye…à travers le dispositif Frontex.

Les Murs de 2009 sont là, entre le Mexique et les Etats-Unis, entre Mellila et Le Maroc. A Berlin, nous voulions faire choir ce mur pour que de l’autre côté ils accèdent à la démocratie, la liberté d’expression et la consommation. 20 ans plus tard, nous nous empressons de dresser des murs pour que ces femmes et ces hommes ne viennent surtout pas jouir de cela. Pire encore, par notre irresponsabilité environnementale, nous ne leur laissons même plus le choix. Comment vivre sur une terre asséchée? Comment survivre après des inondations catastrophiques? Comment rester sur une Terre devenue invivable, conséquence du dérèglement climatique?

Nous pouvons célébrer la chute du Mur de Berlin. Mais nous ne pouvons pas oublier tous ces murs que nous dressons depuis.

http://www.unhcr.fr/cgi-bin/texis/vtx/protect/opendoc.pdf?tbl=PROTECTION&id=4901e81a4

http://www.france-terre-asile.org/archives-ftda-sengage/lasile-dans-le-monde/1089-les-refugies-climatiques

http://www.frontex.europa.eu/

Frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta

Frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta

frontcover

Frontière entre le Mexique et les Etats-Unis

Fiche de lecture

Mercredi, novembre 4th, 2009

welzerHarald Welzer est  directeur de recherches en psychologie sociale à l’Université de Witten/Herdecke et directeur du centre de recherche interdisciplinaire sur la mémoire à Essen. Ses travaux précédents portaient sur la période nazie et la question du passage de beaucoup d’homme allemand de la normalité à l’indicible. Son livre Les exécuteurs analysent ce basculement d’hommes normaux aux meurtriers de masse.

Or voici cet universitaire qui se penche sur notre futur proche et… notre présent. Les migrations climatiques, les conflits liés à l’environnement sont là. Nos gouvernements, et donc nous, ont commencé à traiter ce problème: délocalisation de la question des migrants vers des pays comme la Libye ou le Maroc, création de supra-police, frontière mexicaine fortifiée…

Chaque page nous fait prendre conscience que « génération future » se conjugue au présent. Et que cet avenir là fait froid dans le dos.

Mais Harald Welzer va beaucoup plus loin. Revenant sur l’holocauste, il démontre que les mécanismes de tolérance de l’intolérable sont en place. Que l’indifférence progressive est le terreau des meurtres de masse d’hier et des crimes à venir. Livre stupéfiant, écrit avec une précision redoutable, il fera polémique. Il doit donc être lu pour que le débat sur l’immigration ne se résume pas à une question d’identité nationale qui fleure bon la Troisième République.

Harald Welzer pose la question de notre capacité à accepter de réparer ce que nous avons causer comme dégâts dans certains pays en accueillant les victimes d’un dérèglement climatique dont ils ne sont pas responsables…. ou en nous engageant collectivement dans la gestion des conséquences de nos erreurs passées et présentes. Il pose les bases d’une réflexion sur l’adaptation au changement climatique et va, avec réalisme, bien au-delà de ce qui est dit aujourd’hui.

Car la question de Copenhague n’est-elle pas cela: Lutter pour ne pas aller plus loin et nous adapter à ce que nous avons déjà initié?

Harald Welzer, Les guerres du climat, pourquoi on tue au XXIème siècle, nrf essais, Paris, 2009

Biodiversité…comme si de rien n’était

Mercredi, novembre 4th, 2009

Le voilà, le rapport de l’UICN sur l’état de la biodiversité dans le monde…

http://www.uicn.fr/Liste-rouge-2009.html

Que dire… Que la catastrophe continue. Tout simplement. 17 291 espèces menacées sur les 47 677 répertoriées. 21% des mammifères, 30% des amphibiens, 12% des oiseaux, 37% des poissons d’eau douce, 35% des invertébrés et…70% des plantes.

Que faire? Ne pas cesser de penser à chacun de nos actes, de nos achats. Aller au-delà des évidences et être bien plus matérialiste, c’est-à-dire renouer nos liens avec la matière, le monde. Car ce drame dont nous serons victimes vient de cette distorsion des liens que nous avons avec la matière. Nous ne savons plus que le coltan de nos appareils électroniques a été un jour extrait. Mais où, dans quelles conditions, par qui?

Bien sûr cela vous semblera désuet, inutile. Que suis-je face à cela?

Celui qui a refusé, un jour, de continuer à cautionner par son inaction. Celui qui a cessé de prier pour enfin vivre dans le monde, avec lui. Nous devons, chacun de nous, penser tous nos actes comme une action significative pour la préservation de notre éco-système. Penser pour choisir et être capable de refuser de participer à ce désastre est notre devoir humain premier. Agir est le second.

Contacts UICN

Sébastien Moncorps, Directeur

sebastien.moncorps@uicn.fr

Florian Kirchner, Chargé de programme “Espèces”

florian.kirchner@uicn.fr

Pour en savoir plus :

www.uicn.fr/Liste-rouge-France.html

www.iucnredlist.org

Habiter écologique ?

Mercredi, juillet 22nd, 2009

Un bâtiment, une salle, très longue salle, et une exposition : « habiter écologique » à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, jusqu’au 1er novembre 2009 à Paris. Mais quelle exposition ? Sur l’habitat écologique ? Voilà un thème prometteur, mais ce qui est sur le papier ne l’est pas forcément dans la réalité. Nous sommes face à une exposition certes intéressante mais trop peu approfondie sur le sujet même de l’éco-habitat et de ce qui doit graviter autour. Explications :

Une exposition sur la seule construction neuve. On y trouve des réalisations en tous genres, de la maison individuelle à la résidence HLM en passant par un complexe sportif ou une bibliothèque municipale, le tout illustré de plans, photos, maquettes,… Or, habitat écologique ne rime pas seulement avec construction récente mais concerne également la réhabilitation. Ce dernier point est totalement omis, ce qui est dommage au vu des nombreuses possibilités offertes pour ce type de projet. En France une immense majorité de logements sont en milieu urbain, dense et peu propice à la construction.

La France est clairement en retard sur ce sujet comparée à ses voisins du Nord et de l’Est de l’Europe (retard estimé à une grosse dizaine d’années fin 2007 par différentes associations de protection de l’environnement) et excepté quelques bandeaux lumineux qui défilent dans l’expo au dessus des têtes,  il n’en est fait mention nulle part.

Trop peu de matériaux y sont présentés, seulement cinq références sont proposées aux visiteurs, toutes ayant trait à l’isolation. Ceci est d’autant plus regrettable que l’exposition s’adressant au grand public, le néophyte en la matière ne verra pas son champ visuel élargi.

Autre point négatif, l’aspect pas assez « prise de conscience » dégagé par cette exposition. Nous vivons dans une civilisation où pour faire évoluer sa mentalité, le visiteur doit être brusqué, effrayé voir choqué. C’est peut être radical mais nécessaire face à ce qui nous attend.

En conclusion, une exposition qui s’adresse difficilement au grand public mais plutôt aux personnes possédant déjà des connaissances en la matière et étant convaincus du bien fondé de l’habitat écologique que ce soit en termes de bien-être ou par souci de réduire son impact environnemental.

Camille Beaupérin pour Les Inventeurs

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www.citechaillot.fr/exposition/galeries_d_expositions_temporaires.php?id=85

www.la-vie-nouvelle.fr/actualite/4eme-journee-internationale-de-l-eco-constructionBusiness-ou-conscience-ecologique–297.html

www.alternatives-economiques.fr/environnement—le-retard-francais_fr_art_475_31703.html

www.eco-logis.com

www.la-maison-ecologique.com/

6 ème extinction…

Lundi, juillet 6th, 2009

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Il y a le rapport du GIEC pour le climat et celui de l’UICN pour la biodiversité…

http://www.uicn.org/fr/?3460/UICN-la-crise-que-traverse-la-vie-sauvage-pire-que-la-crise-economique

Les nouvelles, là non plus, ne sont pas bonnes…

« Le rapport montre que près d’un tiers des amphibiens, plus d’un oiseau sur huit et près d’un quart des mammifères sont menacés d’extinction. Pour certaines catégories de plantes, comme les conifères et les cycadacées, la situation est encore plus préoccupante, avec 28% et 52% d’espèces menacées respectivement. » Source IUCN

Que faut-il en conclure? Qu’à force de petites variables de-ci, delà, de journée de la Terre, puis des chiens, des chats, ce cumul de jours ne fait pas une année, en aurions nous mille en un an! Cette réponse fragmentaire, cette absence totale de vision systémique et cet habillage condescendant ne nous mène à rien. Oh, bien sûr, nous sommes à l’image des hommes que croisait Zarathoustra en descendant de sa montagne « Et ces gens clignent des yeux en disant : nous avons trouvé le bonheur! » (Nietzsche)

Mais pour quoi ? Plus de matière et moins de vie ? Si nous cumulons les handicaps : climat, eau, déchets, biodiversité… et que nous laissons ces interactions se poursuivre, nous aurons, in fine, pris du temps au temps, accéléré et amplifié ce que nous n’avons vu qu’en partie. Ce cumul nous sera fatal. Nous savons pertinemment que le maintien de la biodiversité n’est pas un geste élégant de gentlemen désoeuvrés. Au bout de cette chaîne il est un animal qui en subira les conséquence : nous.

L’IUCN aurait pu écrire ce rapport en parlant non à notre esprit mais à notre instinct : cet animal blessé qui se suicide est bien l’espèce humaine. Mais il est aussi doté d’un esprit et capable d’une abnégation formidable. Je ne cesse de voir naître mille initiatives individuelles qui feront peut-être un autre monde. Il est temps de faire plus confiance à notre intelligence collective qu’aux capacités de certains à être plus malins pour gagner ce qu’ils croient être un bénéfice immédiat.