NTE et Open source
Jeudi, juin 18th, 2009
Les Nouvelles Technologies Environnementales auraient le vent en poupe ! Ne parle-t-on pas d’investissements massifs en cours ou à venir ? La France mettrait 450 milliards d’euros sur la table. Les Etats-Unis ne sont pas en reste avec un New Deal Ecologique. Quant aux pays émergents, ils ont, eux aussi, décidé d’investir massivement dans ces NTE. Une ville écologique est en construction, à proximité de Shanghaï sur l’île de Chongming, dans l’estuaire du fleuve Yang Tse. Le plan d’investissement sur les énergies renouvelables est de 180 milliards de dollars pour développer les énergies renouvelables et porter de 7 à 15 % leur part dans la consommation énergétique globale en 2020. Les sceptiques ne manqueront pas de faire remarquer que ce même pays construit 2 nouvelles centrales thermiques au charbon chaque semaine…
Car la question fondamentale reste le temps. Aujourd’hui, face à la prise de conscience mondiale, nous voyons se juxtaposer une économie destructrice de l’environnement, issue de l’ancien modèle et reposant sur des technologies passées, et une économie plus responsable qui table sur les NTE. Mais la seconde ne vient pas se substituer à la première. Elle est, aujourd’hui encore, perçue comme complément afin de minorer les dégâts à venir d’une croissance retrouvée.
De plus, cette course au NTE se fait dans les règles de l’art, c’est-à-dire la compétition entre projets. Les premiers arrivés disposeront donc d’un droit d’accès à ces technologies qu’ils pourront monnayer. Elles leurs assureront une position dominante sur ce marché, gage de retour sur investissement spectaculaire. Qu’arrivera-t-il alors? Les pays ne pouvant s’offrir cet accès aux NTE continueront d’appuyer leur développement sur des technologies anciennes, polluantes. Seul les pays riches pourront s’offrir un monde meilleur…
Oui mais, les GES émis ailleurs perturbent le climat partout. Certes, certains y auront gagné financièrement. Mais la totalité de l’humanité perdra à ce jeu là. Alors à changement de paradigme, changement de jeu. Et pour cela, un modèle existe, l’Open Source qui a fait grandir Linux. Pourquoi ne pas imaginer une recherche mondiale sur les NTE financée par une taxe carbone mondiale ? Pourquoi ne pas imaginer que ces technologies qui sont une des clés de notre avenir commun soient mises à disposition de l’humanité ?
Déjà ITER, le projet de réacteur nucléaire à fusion, est un projet international, tant la recherche et les dépenses sont conséquentes. Il possible d’aller plus loin en inventant une nouvelle intelligence collective pour le développement des NTE : l’intelligence de notre sauvegarde… commune. Les NTE sont aussi le moyen de passer à une autre forme de co-développement qui romprait avec le modèle actuel si critiqué. Sous cette forme d’Open Source, elles deviendraient accessibles aux pays émergents à moindre coût. Nous éviterions par là-même les impasses que connaît la transmission des médicaments aux pays émergents : nous avons les remèdes, eux les maux. Entre les deux… rien, si ce n’est quelques millions de morts. Et nous nous assurerions que les 80 % des habitants de la planète qui ont un droit imprescriptible au développement ne passeront pas par la case destruction environnementale.





