Archive pour la catégorie 'Déchets'

Erika, le procès en appel

Mardi, novembre 10th, 2009

erikaLundi 9 novembre se tenait à la 1ère Chambre d’Appel de Paris, le procès en appel de l’Erika. En effet Total poursuit son combat judiciaire pour ne pas être reconnue coupable dans cette affaire.

La compagnie pétrolière, condamnée à 192 millions d’Euros, souhaite obtenir son blanchiment dans cette affaire affirmant avoir été trompée par l’armateur et la compagnie de certification Rina. Il est à noter que Total a néanmoins accepté de verser 170 millions aux parties civiles en dédommagement d’un préjudice dont elle ne s’estime pas coupable. Cette mesure prise par la compagnie pétrolière a permis à une partie des plaignants de percevoir un chèque alors que l’appel par Total était suspensif, prolongeant d’autant l’attente…10 ans après le naufrage.

Conséquence de cette générosité, certaines parties civiles ne se sont pas présentées en appel bien que Total ait signifié que ces sommes étaient données unilatéralement, sans retour possible et ce quel que soit le jugement en appel. Générosité? Campagne de communication de 170 millions d’Euros? Ou achat du silence? La question restera sans réponse bien longtemps.

Mais revenons au procès. La longue plaidoirie de Corinne Lepage a porté sur la responsabilité de Total dans la catastrophe. L’avocate récuse la posture de victime que défendent les avocats de l’entreprise. Dans sa plaidoirie, elle désigne Total comme organisateur de ce naufrage en s’appuyant sur certains éléments du dossier. En une heure, elle a évoqué la responsabilité directe de la compagnie, sa capacité à accepter ou non un pétrolier, sa charte de bonne conduite qualifiée de « publicité mensongère ». Mais plus grave encore, elle a abordé les questions les plus obscures du dossier. Pourquoi ce pétrolier affrété au voyage et non à la durée par Total, en était-il déjà à son quatrième voyage pour la compagnie alors que le nombre même de voyages consécutifs définissait, par nature, un contrat au temps? Pourquoi ne pouvait-il pas, matériellement, rejoindre sa destination: l’Erika n’avait pas en soute la quantité de carburant nécessaire à son départ de Dunkerque et il n’était pas prévu d’arrêt à Gibraltar pour remplir les soutes. Quant à l’hypothèse d’utiliser une partie de la cargaison comme carburant, elle est peu recevable: c’est une pratique rarissime en mer et si cela avait été le cas, le navire eut brûlé, pour avancer, un déchet… Car, et c’est aussi un point soulevé par l’avocate, pourquoi ce fuel, qualifié de déchet par la Cour de Justice Européenne, devait-il être brûlé en Italie (Membre de l’Union européenne…comme notre pays) alors même que cette pratique est interdite en France?

Nous arrivons alors au point crucial de sa plaidoirie. Non seulement Total est responsable du choix de l’Erika mais ce choix n’aurait pas été fait par simple volonté d’économie. L’Erika transportait un déchet ingérable, nécessitant un traitement coûteux qu’un naufrage rendait inutile. Cette mise en cause de Total va bien au-delà de ce qui a été dit aujourd’hui sur le naufrage du navire-poubelle! Nous passons du domaine de l’accident maritime qui ferait suite à une somme de négligences consécutives à une vue purement financière de l’opération, à un acte criminel délibéré! La Cour d’Appel suivra-t-elle l’avocate? Total a-t-elle « organisé » le naufrage de l’Erika? Nous naviguons dès lors dans un monde connu depuis peu, la gestion des déchets par la mafia. En effet, un cimetière de bateaux-poubelles ne vient-il pas d’être exhumé en Italie? Est-ce le monde de Total?

Viennent ensuite les plaidoiries de Christian Huglo et d’Alexandre Moustardier. Christian Huglo saisit l’occasion de ce procès pour ouvrir une nouvelle page du droit de l’environnement. Par delà le dommage, il interpelle la Cour sur la notion même de préjudice. S’appuyant sur les travaux récents qui ont porté sur la reconnaissance de la valeur du vivant non-commercial. Sous cette appellation, nous retrouvons la question du prix de la Nature et de ses services rendus. En effet, depuis quelques temps maintenant, des scientifiques ont décidé de chiffrer ce que nous donne gracieusement notre éco-système. Cette thèse qui avait amené Sir Nicholas Stern à chiffrer le prix de l’inaction face au changement climatique a eu des suites comme le rapport Pavan Sukhdev portant sur le vivant.

Christian Huglo ne défend donc pas un droit sur l’Environnement qui s’ajouterait au droit existant. Ni un droit de l’Environnement mais un droit à l’Environnement, c’est-à-dire un droit universel de défense d’un patrimoine commun à l’Humanité. Thèse audacieuse en droit, puisqu’aujourd’hui le préjudice ne peut être retenu que si la victime est identifiable. Or cette plaidoirie introduit un élargissement du Droit. Par cette voie, le crime environnemental devient crime général. Il rejoint la notion de crime contre l’Humanité, voir l’intègre et le dépasse (l’Humanité est partie de l’Environnement). Et en s’appuyant sur ces chiffres nouveaux sur le prix de la Nature, l’avocat fixe un montant de préjudice bien plus important pour Total. Oui mais qui recevra cette somme? Les parties civiles qui se sont engagées dans cette longue procédure contre Total peuvent, selon l’avocat, recevoir le montant de l’indemnité en tant que représentant de la partie civile « Environnement ».

Là encore, si cette plaidoirie est suivie, nous allons bien au-delà de ce que ce procès nous réservait. Demain le pollueur condamné le sera pour le dommage immédiat mais aussi pour le préjudice à venir. Qu’en serait-il alors pour un accident nucléaire et le rejet dans la nature de produits radioactifs à durée de vie longue? Le préjudice fait aux générations futures et sur l’environnement pour des milliers d’années rendrait l’activité de producteur d’énergie ingérable. Le coût de l’accident ne pouvant être couvert par le bénéfice de l’activité.

Ce procès en appel de l’Erika est passionnant. Il soulève des questions que l’approche des média ne peut plus traiter: trop complexe, trop long. Pourtant les questions du monde ne relèvent pas d’un jugement lapidaire rendu en un instant et pouvant tenir en 1500 signes ou 30 secondes sur un écran. Il est regrettable que ce procès en appel qui aborde des sujets de fond ne fasse pas plus « bruit médiatique ». Espérant seulement que le résultat du procès aura droit à un traitement plus large que le vide dans lequel il est tenu aujourd’hui.

Sur le naufrage

http://www.letelegramme.com/ig/dossiers/proces_erika/l-ultime-voyage-de-l-erika-video-06-10-2009-596620.php

Sur le procès

http://www.letelegramme.com/ig/dossiers/proces_erika/erika-le-prejudice-ecologique-au-coeur-du-proces-en-appel-diapo-video-06-10-2009-595355.php

Sur le contenu des soutes

http://www.proces-erika.org/articles/article/article/erika-qui-etait-le-maitre-a-bord/index.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=4941&cHash=181c5ff013

Sur le cimetière de bateaux-poubelles de la mafia

http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/5a11dd2a-a949-11de-b3d5-32b4d9c36b5d/La_mafia_accusée_davoir_coulé_des_bateaux_de_déchets_toxiques

Le rapport Stern

http://www.hm-treasury.gov.uk/stern_review_report.htm

http://www.automatesintelligents.com/echanges/2006/nov/rapportstern.html

Le prix de la nature

http://www.grainesdechangement.com/newsletteravril09.htm

http://www.lapartderisque.fr/Et-si-l-on-mettait-un-prix-a-la.html

http://ec.europa.eu/environment/nature/biodiversity/economics/pdf/teeb_report_fr.pdf

DES HÔTELS PARTICULIERS…

Jeudi, février 26th, 2009

Il y a deux jours nous parlions de la récupération d’un vieil avion pour le transformer en hôtel. Le principe de récupération n’est pas nouveau dans le secteur hôtelier. Voilà de quoi alimenter un imaginaire de voyage déconcertant.

Un Bristol Freighter transformé en Motel en Nouvelle-Zélande

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Un vieux train, en Nouvelle Zélande aussi

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Un vieux navire de patrouille de la seconde guerre mondiale en Nouvelle-Zélande toujours

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Des capsules de sauvetage en Mer aux Pays-Bas

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Des tonneaux de vins au Pays-bas également

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Ou encore dans des système d’évacuation en Autriche

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Via Dailymail

DORMIR EN AVION…

Lundi, février 23rd, 2009

On avait déjà parlé du recyclage aérien, c’est-à-dire de ce qu’il est possible de faire avec des restes d’avions. Voilà une autre idée qui consiste à récupérer l’avion tout entier. Le mois dernier, un hôtel un peu particulier à ouvert ses portes sur le parking de l’aéroport de Stockholm en Suède. Un Boeing 747 voué à la casse, a été reconverti en hôtel : 25 chambres remplacent les 450 sièges et accueillent désormais les amateurs de nuits insolites. Les espaces ne sont pas très grands et les clients doivent se contenter de toilettes et de salles d’eau à usage collectif, mis à part ceux de la suite aménagée dans le cockpit et qui dispose de ses propres commodités. Un hôtelier Suédois serait à l’origine de ce projet; avec une partie de sa clientèle en partance pour l’aéroport de Stockholm, il n’est pas resté sourd à l’annonce de la vente d’un vieil appareil.

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L’hôtel se trouve donc à deux pas des terminaux et à quelques minutes à pied des aérogares, de quoi se poser la question du silence…mais entre deux avions, l’idée de dormir sur place est plutôt séduisante.

Jumbo Hostel

Via Inhabitat

THE « TRASH VORTEX » OU « THE GREAT PACIFIC GARBAGE PATCH »

Mercredi, février 18th, 2009

La découverte du « Trash Vortex » dans l’océan Pacifique n’est pas nouvelle. De nombreux articles ont déjà été écrits sur le sujet. Cette zone , grande comme la France, rassemble tous les déchets du Pacifique. Ces déchets restent piégés dans le même secteur pendant des dizaines d’années,  et il n’y pas de raisons qu’ils aillent ailleurs, ne serait-ce parce qu’aucun pays ne veut en assumer la responsabilité, ni le nettoyage. Tous ces déchets ne sont pas seulement le fait des bateaux (leurs rejets ne comptant que pour 20% seulement du volume total de ces déchets), ils proviennent de la terre ferme. Greenpeace n’a pas fini d’alerter sur les dangers d’une telle concentration de plastique dans cette zone. Pollution et intoxication de la faune sont deux problèmes de taille. De nombreux oiseaux avalent les particules de plastiques en suspension, les confondant parfois avec du plancton, les dauphins et les tortues de mer ingèrent des morceaux plus gros qui obstruent leurs systèmes digestifs. Il semblerait que d’autres plaques de déchets existent ailleurs, dans d’autres océans, mais elles n’ont pas encore été clairement identifiées.

L’association a réalisé une animation très bien faite sur le sujet, à regarder ici.

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Voici un extrait de « Synthetic Sea – Plastic in the open ocean » d’Algalita Marine Research Foundation.

Le magazine Flyp a consacré un reportage très intéressant à cette problématique en suivant l’équipe de Charles Moore, le fondateur d’Algalita Marine Research Foundation, expert en pollution marine. L’article « Plastic Soup » et disponible ici.

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Flyp Magazine

E-WASTE ET RESPONSABILITÉ

Jeudi, janvier 22nd, 2009

Le développement des nouvelles technologies va très vite, chaque année ce sont des centaines de nouveaux produits qui sont mis sur le marché, rendant obsolètes les générations précédentes et générant quantité de déchets électriques et électroniques. La quantité de produits électroniques mis au rebut dans le monde a fait un bond ces dernières années. Ce sont entre 20 à 50 millions de tonnes d’e-déchets qui sont générées à travers le monde chaque année, représentant désormais 5% de la totalité des déchets municipaux solides mondiaux, soit presque autant que les emballages plastiques.

La question du devenir de ces déchets est complexe. Une grande partie des déchets électroniques est exportée, souvent illégalement, de l’Union Européenne (UE), des Etats-Unis (USA), du Japon et d’autres pays industrialisés vers l’Asie. Là-bas, les ouvriers des chantiers de récupération de ferraille sont exposés à un cocktail de substances chimiques toxiques lorsqu’ils désassemblent les produits. Les appareils électroniques sont composés de centaines de matériaux dont un grand nombre contiennent des métaux lourds (plomb, mercure, cadmium, béryllium) ainsi que des substances chimiques dangereuses, comme les retardateurs de flamme bromés – polybromodiphényles (polybrominated biphenyls, PBB), éthers diphényliques polybromés (polybrominated diphenylethers, PBDE) et tétrabromobisphénol-A (tetrabromobisphenol-A, TBBPA ou TBBA) ; des substances chimiques dangereuses génèrent une forte pollution et des risques sanitaires pour les travailleurs qui les produisent ou les éliminent mais aussi pour les utilisateurs.

Voici un petit film très bien fait pour se faire une idée de ce qui arrive à nos ordinateurs une fois jetés. Ce film a été découvert dans le Media That Matters Film Festival, ce festival regroupe les films qui poussent à l’action. « Short Film That Inspire Action ».

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Greenpeace est très engagée dans la problématique du traitement des déchets électroniques. Ses équipes ont d’ailleurs réalisé des études sur la situation au Ghana l’année dernière et voilà un film qui montre bien les ravages causés par tous ces déchets.

Greenpeace ne se contente pas de faire des études sur le terrain. Elle a réalisé un guide « Pour une high-tech responsable », avec pour objectif d’offrir un outil pour éclairer les consommateurs dans leurs choix mais aussi de faire émerger une demande forte de produits électroniques exempts de substances dangereuses, qui pourront ensuite être recyclés sans polluer l’environnement et mettre en danger la santé des travailleurs du recyclage, en Europe mais aussi dans les pays en voie de développement. Le guide « Pour une high-tech  responsable » attribue une note sur 10 aux quatorze plus gros fabricants mondiaux de téléphones mobiles et d’ordinateurs d’après les informations qu’ils mettent à la disposition du grand public sur leurs sites Internet.

Media That Matters Film Fest

Greenpeace

SUPERUSE : « WHERE RECYCLING MEETS DESIGN »

Lundi, décembre 22nd, 2008

Superuse est un site Internet qui rassemble des architectes, des designers et des artistes autour d’un projet commun, le recyclage ou plutôt la création de nouveaux produits, de nouvelles solutions à  partir des déchets. On peut y effectuer des recherches selon ce que l’on cherche à recycler, par exemple si on tape « avion », on tombe sur une vingtaine de solutions pour transformer avec goût des carlingues d’avions.

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Superuse

NEWTON, UN PACKAGING BIEN PENSÉ

Mercredi, décembre 10th, 2008

L’entreprise Tda Advertising & Design a bien pensé le packaging des chaussures de courses Newton. Compact, minimaliste et recyclable.

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Tda Advertising & Design