On ne sait pas toujours ce qui se trouve dans les produits « made in China ». Pour être si compétitifs, certains fournisseurs chinois sont bien obligés de faire des économies quelque part. La main d’œuvre est une chose, la qualité des matières de fabrication une autre. C’est comme ça que l’on s’est retrouvé avec le rappel de nombreux produits dangereux par la commission européenne. Quand ce n’est pas un dentifrice qui contient du diéthylène glycol, un antigel mortel pour les enfants en cas d’ingestion, ce sont des jouets Mattel qui contiennent de la peinture au plomb, ce sont des pneus défectueux ou des pyjamas inflammables qui passent la frontière. Les produits alimentaires se font également arrêter aux frontières (263 notifications en 2006, selon le réseau d’alerte rapide de la Commission européenne). Un article de l’expansion en faisait état : des colorants interdits (E102 tartrazine allergisant, rhodamine B) ont été découverts dans des sauces ou dans des gâteaux de riz, des traces de mercure dans des anguilles, des moisissures cancérigènes sur des fruits secs, des résidus d’antibiotiques dans des lots de miel et de poissons d’élevage. On se nourrit de plus en plus de produits chinois. Dans cet article toujours, on apprend qu’en 2006, la France a importé pour plus de 367 millions d’euros d’aliments chinois, un bond de 53 % par rapport à 2004 et que la moitié des poissons d’élevage consommés dans le monde vient de Chine.
Face au danger que peut représenter la consommation de certains produits chinois, certains consommateurs n’hésitent plus à inspecter chaque étiquette pour s’assurer de la provenance de leurs produits. Sara Bongiorni en a même fait un livre « A Year Without « Made in China »: One Family’s True Life Adventure in the Global Economy », dans lequel elle raconte comment elle a tenté de ne plus acheter un seul produit « made in China » pendant un an. Un récit vraiment comique, un peu angoissant parfois.
Une marque américaine est même allée jusqu’à apposer sur ses packagings une étiquette « Safe-China Free », signifiant que les produits en question ne proviennent pas de Chine. Le phénomène s’est propagé et certaines marques surlignent le fait qu’elles sont « NOT made in China » et des blogs se créent sur le sujet. Le site « Not China made » liste les marques qui ne produisent pas en Chine.
Ceci s’est développé bien avant le passage mouvementé de la flamme Olympique, bien avant la polémique des jeux olympiques de Pékin. C’est à se demander comment cela va évoluer. Les étiquettes China Free qui exprimaient alors une inquiétude sanitaire vont-elles se couvrir d’une signification politique?
L’Expansion
Not China Made