Biodiversité…comme si de rien n’était

novembre 4th, 2009

Le voilà, le rapport de l’UICN sur l’état de la biodiversité dans le monde…

http://www.uicn.fr/Liste-rouge-2009.html

Que dire… Que la catastrophe continue. Tout simplement. 17 291 espèces menacées sur les 47 677 répertoriées. 21% des mammifères, 30% des amphibiens, 12% des oiseaux, 37% des poissons d’eau douce, 35% des invertébrés et…70% des plantes.

Que faire? Ne pas cesser de penser à chacun de nos actes, de nos achats. Aller au-delà des évidences et être bien plus matérialiste, c’est-à-dire renouer nos liens avec la matière, le monde. Car ce drame dont nous serons victimes vient de cette distorsion des liens que nous avons avec la matière. Nous ne savons plus que le coltan de nos appareils électroniques a été un jour extrait. Mais où, dans quelles conditions, par qui?

Bien sûr cela vous semblera désuet, inutile. Que suis-je face à cela?

Celui qui a refusé, un jour, de continuer à cautionner par son inaction. Celui qui a cessé de prier pour enfin vivre dans le monde, avec lui. Nous devons, chacun de nous, penser tous nos actes comme une action significative pour la préservation de notre éco-système. Penser pour choisir et être capable de refuser de participer à ce désastre est notre devoir humain premier. Agir est le second.

Contacts UICN

Sébastien Moncorps, Directeur

sebastien.moncorps@uicn.fr

Florian Kirchner, Chargé de programme “Espèces”

florian.kirchner@uicn.fr

Pour en savoir plus :

www.uicn.fr/Liste-rouge-France.html

www.iucnredlist.org

Nouvelles des Inventeurs

novembre 4th, 2009

observeur-pereneVous vous êtes demandé si ce blog était encore vivant…Deux mois de off, pris par le travail. Le début d’année a été chargé mais nous voilà de retour. Pour nous tout va bien… Les Inventeurs, avec Batyline, ne viennent-ils pas d’obtenir un prix de l’Observeur du design?

http://www.apci.asso.fr/l_observeur/resultat.php?texte=Les+Inventeurs

Nous sommes très heureux d’avoir obtenu ce prix avec Ferrari SA, un industriel français qui a su inventer pour entrer pleinement dans le 21ème siècle. Ferrari par son intégration des enjeux industriels, cherchent à boucler la boucle, atteindre un modèle d’écologie industriel. Des années de travail et d’investissements qui nous rappellent, fort justement, qu’il n’existe pas de solution miracle, mais bien du travail, de l’imagination et de l’argent consacrés à ce changement de paradigme indispensable.

Des petits ballons…

août 27th, 2009

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Pixar ayant mis le ballon d’hélium en avant dans son dernier long métrage, il était de bon aloi d’aborder ce sujet pas si innocent.

Dans son très bon blog sur Libération, Laure Noualhat, évoque la question de la pollution qui résulte de la chute des ces ballons en plastiques:

http://environnement.blogs.liberation.fr/noualhat/2009/07/les-ballons-qui-polluent-de-làhaut.html

Là est le problème de la fin de vie de ces baudruches. Mais le problème est aussi en amont. L’hélium est un gaz rare qui possède des qualités très prisées par les scientifiques. Rare sur Terre bien qu’abondant dans l’univers.

Déjà, dans les années Trente, les Etats-Unis avaient posé un embargo sur leurs exportations d’hélium qui amena l’Allemagne nazie à gonfler son dirigeable de parade, le Hiddenburg, avec de l’hydrogène alors que ce dernier, pour des raisons de sécurité, devait être porté par de l’hélium… la suite de l’histoire fut dramatique.

Et ce gaz rare, qui a de multiple usage thérapeutique et scientifique, part en petites baudruches dans le ciel… définitivement. Le ballon éclate, le gaz libéré poursuit son envol et le déchet plastique fini le plus souvent dans l’océan ou sur terre.

http://www.enerzine.com/12/3809+Les-milieux-scientifiques-craignent-une-penurie-d-helium.html?posts_usersPage=1

Ne serait-il pas temps de cesser ce gaspillage? Beaucoup y verront un détail, ou pire, une nouvelle façon d’ennuyer les gens jusque dans leur temps de divertissement. Mais ces ballons là ne sont-ils pas particulièrement représentatifs de ces mille et une petites choses de notre quotidien innocent qui s’accumulent?

Fond documentaire et DD à Paris

juillet 28th, 2009

Lorsque l’on s’intéresse à l’écologie et au développement durable, il est important de savoir où aller se documenter sur le sujet. Partant de ce fait, je me suis mis en quête d’identifier le fond documentaire, disponible à Paris, dédié spécifiquement au développement durable et surtout accessible à tous.

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La BNF (Bibliothèque Nationale de France) nous fait part sur son site Internet de projets initiés en 2007 et qui devaient aboutir en 2008 par la mise a disposition, dans sa bibliothèque dite du Haut de Jardin sur le site François Mitterrand, d’un espace dédié à la citoyenneté et au développement durable.
Rendez-vous donc sur place afin de constater en ce milieu d’année 2009 ce qui a réellement été réalisé. Direction le centre d’orientation des lecteurs. Personne n’a ici jamais entendu parler d’espace consacré au développement durable et sur la brochure qui m’a été fournie il n’est mentionné nul part. On m’oriente quand même, « on ne sait jamais » vers le pôle « Sciences et Techniques » certainement plus pour se débarrasser de moi et de mon entêtement que par réelles convictions.
Salle C du Haut du Jardin « Sciences et Techniques » : excepté un bout de rayon dédié aux pollutions, situé en face d’ouvrages sur l’énergie nucléaire (sic), rien sur le développement durable et pas plus de renseignements sur ce sujet à l’accueil de cette salle de lecture.
On ne relâche pas ses efforts pour autant et on parcourt l’ensemble de la bibliothèque en prenant bien soin de s’informer dans chaque pôle. Même le pôle littérature a le droit à ma visite, ne sait-on jamais, peut être qu’un grand esprit de ce monde aurait trouvé judicieux d’y installer l’espace désiré. Recherche infructueuse.
La BNF n’a à ce jour et contrairement à ce qu’elle annonce sur son site toujours pas de lieu réservé au développement durable et à l’écologie.
Verdict ? Recalée !

Passons maintenant à la ville de Paris et à ses bibliothèques spécialisées.
Après une courte recherche, la récente médiathèque Marguerite Yourcenar située 41 rue d’Alleray dans le 15ème arr, s’affiche comme spécialisée dans l’écologie citoyenne et le développement durable. Une visite s’impose !
Sur place petite déception ! A peine une petite dizaine de mètres de rayonnage sont occupés par la thématique, et encore la plupart des étagères ne sont remplies que partiellement. Etudions quand même les ouvrages proposés par la mairie de Paris. Une documentation qui se veut accessible au plus grand nombre, facile d’accès, peu de données techniques et scientifiques, bref on se trouve bien dans une bibliothèque grand public et ça se voit. Mais le nombre d’ouvrages proposés, 2000 selon la médiathèque, chiffre que je diviserais quasiment par deux selon moi, est ridicule face au 2,2 millions d’habitants de la capitale susceptibles de vouloir se documenter sur le sujet (je sais que c’est loin d’être le cas mais ne vous arrive-t-il jamais de rêver à un éveil général de tous ces êtres qui n’imaginent pas de quoi demain sera fait ?).
Le verdict ? Reçue sans mention.

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« Book » de Daniele Lago
Petite dernière trouvaille et non des moindres, l’association 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable) propose dans l’espace René Dumont à la Cité européenne des Récollets située au 150-154 rue du Faubourg Saint Martin dans le 10ème, un fond documentaire sur toutes les thématiques du développement durable excepté l’éco-design. Sur place on se rend compte de la mine d’or qui se trouve face à nous, le contrat des 3000 ouvrages avancé sur leur site Internet est largement honoré. Il faut certes fouiller pour trouver son bonheur, mais un catalogue en ligne accessible depuis des postes informatiques installés sur place nous y aide. La collection est ici plus technique et scientifique et s’adresse donc à un public plus initié. Cependant on trouve également quelques documents destinés aux plus jeunes et à l’éducation, du primaire au lycée.
Reçue mention bien.

Là où l’espace René Dumont de l’association 4D propose des ouvrages plus scientifiques, plus techniques, la médiathèque Marguerite Yourcenar se veut plus accessible en offrant des livres s’adressant à un public plus large et plus varié. Ces deux centres, n’entrent donc absolument pas en compétition, mais, sans concertation préalable, se veulent complémentaires.
Je reste extrêmement déçu par la BNF qui malgré le fait qu’elle ne manque pas de moyens, reste à la traine sur un sujet d’actualité. 

Camille Beaupérin pour Les Inventeurs

http://www.bnf.fr/rapport/html/gestion_eta/2_focus_16.htm 

http://quetzal.over-blog.org/article-18981299.html 

http://www.association4d.org/

http://eedd.scola.ac-paris.fr/res/Guide%20du%20lecteur%20-%20version%20mail.pdf

Habiter écologique ?

juillet 22nd, 2009

Un bâtiment, une salle, très longue salle, et une exposition : « habiter écologique » à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, jusqu’au 1er novembre 2009 à Paris. Mais quelle exposition ? Sur l’habitat écologique ? Voilà un thème prometteur, mais ce qui est sur le papier ne l’est pas forcément dans la réalité. Nous sommes face à une exposition certes intéressante mais trop peu approfondie sur le sujet même de l’éco-habitat et de ce qui doit graviter autour. Explications :

Une exposition sur la seule construction neuve. On y trouve des réalisations en tous genres, de la maison individuelle à la résidence HLM en passant par un complexe sportif ou une bibliothèque municipale, le tout illustré de plans, photos, maquettes,… Or, habitat écologique ne rime pas seulement avec construction récente mais concerne également la réhabilitation. Ce dernier point est totalement omis, ce qui est dommage au vu des nombreuses possibilités offertes pour ce type de projet. En France une immense majorité de logements sont en milieu urbain, dense et peu propice à la construction.

La France est clairement en retard sur ce sujet comparée à ses voisins du Nord et de l’Est de l’Europe (retard estimé à une grosse dizaine d’années fin 2007 par différentes associations de protection de l’environnement) et excepté quelques bandeaux lumineux qui défilent dans l’expo au dessus des têtes,  il n’en est fait mention nulle part.

Trop peu de matériaux y sont présentés, seulement cinq références sont proposées aux visiteurs, toutes ayant trait à l’isolation. Ceci est d’autant plus regrettable que l’exposition s’adressant au grand public, le néophyte en la matière ne verra pas son champ visuel élargi.

Autre point négatif, l’aspect pas assez « prise de conscience » dégagé par cette exposition. Nous vivons dans une civilisation où pour faire évoluer sa mentalité, le visiteur doit être brusqué, effrayé voir choqué. C’est peut être radical mais nécessaire face à ce qui nous attend.

En conclusion, une exposition qui s’adresse difficilement au grand public mais plutôt aux personnes possédant déjà des connaissances en la matière et étant convaincus du bien fondé de l’habitat écologique que ce soit en termes de bien-être ou par souci de réduire son impact environnemental.

Camille Beaupérin pour Les Inventeurs

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www.citechaillot.fr/exposition/galeries_d_expositions_temporaires.php?id=85

www.la-vie-nouvelle.fr/actualite/4eme-journee-internationale-de-l-eco-constructionBusiness-ou-conscience-ecologique–297.html

www.alternatives-economiques.fr/environnement—le-retard-francais_fr_art_475_31703.html

www.eco-logis.com

www.la-maison-ecologique.com/

Danièle Poliautre nous a quittés

juillet 6th, 2009

Danièle Poliautre, maire adjointe de Lille, s’est éteinte.

Inlassable combattante, déterminée, dans un monde qui au mieux feignait d’ignorer ces messages qu’elle portait, à sa manière. Tous, nous ne pouvions que partager cette envie de vie et de lutte pour nos futurs viables. Elle avait saisi cette idée essentielle de la radicalité, c’est à dire aller à la racine des choses. Ne jamais se satisfaire de la surface, remettre le métier à l’ouvrage et persévérer. Forgée à la lutte, elle manquera à Lille, mais nul doute qu’ils seront nombreux à reprendre ses combats si justes.

L’agence s’associe au deuil qui touche si durement sa famille, ses enfants, celles et ceux qui partageaient son quotidien et ses engagements.

6 ème extinction…

juillet 6th, 2009

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Il y a le rapport du GIEC pour le climat et celui de l’UICN pour la biodiversité…

http://www.uicn.org/fr/?3460/UICN-la-crise-que-traverse-la-vie-sauvage-pire-que-la-crise-economique

Les nouvelles, là non plus, ne sont pas bonnes…

« Le rapport montre que près d’un tiers des amphibiens, plus d’un oiseau sur huit et près d’un quart des mammifères sont menacés d’extinction. Pour certaines catégories de plantes, comme les conifères et les cycadacées, la situation est encore plus préoccupante, avec 28% et 52% d’espèces menacées respectivement. » Source IUCN

Que faut-il en conclure? Qu’à force de petites variables de-ci, delà, de journée de la Terre, puis des chiens, des chats, ce cumul de jours ne fait pas une année, en aurions nous mille en un an! Cette réponse fragmentaire, cette absence totale de vision systémique et cet habillage condescendant ne nous mène à rien. Oh, bien sûr, nous sommes à l’image des hommes que croisait Zarathoustra en descendant de sa montagne « Et ces gens clignent des yeux en disant : nous avons trouvé le bonheur! » (Nietzsche)

Mais pour quoi ? Plus de matière et moins de vie ? Si nous cumulons les handicaps : climat, eau, déchets, biodiversité… et que nous laissons ces interactions se poursuivre, nous aurons, in fine, pris du temps au temps, accéléré et amplifié ce que nous n’avons vu qu’en partie. Ce cumul nous sera fatal. Nous savons pertinemment que le maintien de la biodiversité n’est pas un geste élégant de gentlemen désoeuvrés. Au bout de cette chaîne il est un animal qui en subira les conséquence : nous.

L’IUCN aurait pu écrire ce rapport en parlant non à notre esprit mais à notre instinct : cet animal blessé qui se suicide est bien l’espèce humaine. Mais il est aussi doté d’un esprit et capable d’une abnégation formidable. Je ne cesse de voir naître mille initiatives individuelles qui feront peut-être un autre monde. Il est temps de faire plus confiance à notre intelligence collective qu’aux capacités de certains à être plus malins pour gagner ce qu’ils croient être un bénéfice immédiat.